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Espace perso de Virginie GOVIGNON

"Fais de ta vie un rève et de ce rêve une réalité" St Ex.

Virginie GOVIGNON

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Découvrez la playlist Motivée avec Kristen Noguès
November 08

Courir à l'infini... Les 24h d'Aulnat etc...

Néophyte de la course à pied, il faut que je mette un pied dans la FFA pour découvrir un mode riche et passionnant.
Ce week-end se déroulait les 24h d'Aulnat. Après 22 heures de course rien est joué ... Chapeau bas !

"A deux heures de l'arrivée, (Stéphane Collard) progressait encore sur des bases de 254 km, lorsque pris par un malaise, comme bloqué et dans l'incapacité de rejoindre son stand, il a été contraint de s'arrêter 45' sur le parcours. Philippe Propage, son entraîneur, apporte cette explication : « Il a sans doute eu un petit malaise vagal. Il avait envie de vomir, mais il n'y parvenait pas et il ressentait des fourmillements dans tous ses membres. Ce problème est sans doute lié à la digestion. Si ces athlètes mangent peu, ils mangent souvent. L'organisme n'est pas habitué à un tel régime et la fatigue aidant, plus des conditions météos délicates, ça peut amener à ça.  Le plus terrible, c'est que 15' avant que Stéphane sombre, jamais je n'aurais pu imaginer cela » Mais monstre de volonté qu'est, Stéphane Collard réussira à repartir « Sans ça j'aurais perdu la course » : commente-t-il. Et Stéphane de poursuivre : « Je suis reparti à la volonté, parce que je savais que pour espérer décrocher un ticket pour le mondial de Brives, gagner était une condition sine qua non. Aussi, il y a eu les mots de ma famille et de mon entraîneur. Je me disais aussi que je n'avais pas forcé autant, pour lâcher à la 22ième heure. Je m'en serais voulu. Au final, je suis satisfait. Je porte mon record à 245,512 km et je suis en position d'être sélectionné. Mais je suis horriblement fatigué. La nuit, il a fait 0° et il a plu souvent. Egalement, ce parcours n'était pas si facile. Il présentait beaucoup de virages et comportait une descente et une montée."


Le week-end prochain je bascule de pratiquante à bénévole pour les 92km "Sur Les Traces du Loup aux pieds verts". Dès 3h15 je serai place de la Mairie à Sizun avec l'ensemble des bénévoles pour soutenir la petite équipe de 45 farfelus dont 3 femmes (désolée de vous abandonner les copines ... Je serai là pour vous soutenir !!! ) .
Nous prendrons la direction de Saint- Thégonnec (vestiges du Château Penhoat)
pour un départ à 4h. Nous passerons aux PK 69 (lac du Drennec), PK 46 (Botmeur) et PK 23 (La Croix)  pour y déposer de l'eau et du ravitaillement. On peut voir les coureurs au col Trédudon, au roc Trévezel, sur la montagne Saint Michel ou encore Ménez Kador. Les détails ici !

Comptez sur moi pour vous faire un p'tit reportage de cette fabuleuse aventure !

November 04

Saisonnalité...


Cheminée clamecycoise (58) survolées par un vol de grues cendrées (Grus grus), le samedi 31 octobre 2009 à 17h.

Ce balai dure plusieurs jours. Il peut être répété à quelques jours d'intervalles.
Au combien j'aimais observer cette gracieuse migration chaque automne et chaque printemps
en Bourgogne, région sur la route des voies migratoires des grues cendrées. Soit vous repérez le "V" caractéristique de leur parade, soit c'est votre oreille qui perçoit leurs cris caractéristiques !
C'était excitant de savoir que ces oies allaient passer la nuit dans le champs "d'en face". Elles se mettaient alors à virevolter des heures au-dessus de ce dernier avant de disparaitre dans une cuvette, cuvette abritée par le petit bois privé d'une belle propriété dans laquelle un château...


Rêver de cimes en attendant 2010...

Un site 100% montagnes tout en images et vidéos : TV Mountain.
Romu qui a bien connu l'Aconcagua (plus haut sommet d'Amérique du Sud)  m'a alléché en me proposant les liens suivants :
- La 1e expé française en 1958,
- Une ascension en 2008 par le glacier des polonais,
Régalez-vous !


November 02

Edulcorants...

Retour sur Terre et à d'autres passions.
Ci-joint un communiqué de presse qui pourrait en intéresser plus d'un : cliquer ici !


Le Roc nantais, vu par mon supporter favori !
Clin d'oeil
November 01

Ma course des templiers 09 : 6e féminine et 3e sénior en 8h03

Cette année 2009 est la dernière année où le festival des templiers se déroulera à Nant. Compte-rendu de mon week-end...

Je pars avec Alain Abjean, passionné de tennis de table et membre de l'association des Cavaleurs de Brest, que j'ai rencontré sur le forum YaNoo.net. Mes parents m'avaient pourtant prévenue de ne jamais monter dans la voiture d'inconnus... Clin d'oeil Nous faisons connaissance à l'occasion d'une rencontre furtive quelques jours avant le départ : Ouf !

Vendredi 23 octobre, il est tout juste 7h. Alain est en avance et moi pas tout à fait à l'heure. Dire que je l'ai pressé pour qu'on ne parte pas trop tard …

Nous roulons tranquillement de Brest vers Nantes pour joindre Nant dans l'Aveyron avant la nuit... Quand Alain bavarde il ralentit... Zut ! On ne va pas gagner beaucoup de temps avec ça.. et puis moi qui n'aie pas non plus ma langue dans ma poche... Sauf une pause éclair pour déjeuner et une pause photo du pont de Millau (Alain est un fan de la gâchette !) nous arrivons avant la tombée de la nuit.

Profitant ainsi d'une belle vue sur la descente du Roc nantais je rassure Philippe Propage au téléphone. Il renforce mon sentiment. Par rapport à l'effet que m'avait fait le domaine de La Plagne lors de mon arrivée sur le lieu de la 6000D en 2008, celui de la vision des falaises qui bordent Nants est carrément encourageant ! Les causses vont être un superbe terrain de jeux !

Vendredi soir : immersion !


Photo : Guillaume Moreau

Endurance trail,

A notre arrivée nous allons bavarder avec notre voisin de camping Pascal Leray, qui termine 7e (!) de EUT. l est surprenant de fraicheur ! Il nous annonce les conditions difficiles vécues par nos compères au sommet de l'Aigoual. Malgré les pluies diluviennes de la veille, l'organisation a maintenu l'Endurance Ultra Trail bien que contrainte à amputer le parcours de quelques kilomètres. Patrick Lucas et Guillaume Moreau sont arrivés depuis mercredi soir pour y participer. La région occupée par le parc naturel régional des grandes causses n'est pas très bien dotée coté réseau télécom : Nous apprenons trop tard que Patrick est passé à Revens au moment où nous y étions...

Nous avons la chance d'être hébergés à Revens, point de ravitaillement de l'EUT comme du marathon. Voilà une belle occasion d'éviter les bouchons. Car oui, il peut y avoir des bouchons dans ce coin reculé de France, surtout le dernier week-end du mois d'octobre et ce depuis 15 ans maintenant !

Retrait des dossards au salon du trail,

Pendant que nos ultra traileurs bretons s'apprêtent à dévaler les derniers kilomètres qui les mènent à Cantobre puis au Roc nantais de nuit, nous pénétrons dans le salon du trail. L'endroit est calme comparé à ce que nous vivrons le lendemain. C'est bien agréable ! On retrouve avec joie Pascal et Magali Jugie de l'extrême trail de Grand Brassac et de « la pire est née » avec lesquels il est doux de prendre des nouvelles du Périgord. Nous croisons la bretagne à tous les coins du salon. Les bretons sont venus en nombre encore une fois. Je reconnais Samuel et 2 de ses amis venus faire la promotion du trail Glazig (lequel je vous recommande tout comme le Grand Brassac ou encore La pire est née où j'ai déjà réservé une place pour l'été 2010!)

Nous trouvons bientôt le poste de retrait des dossards où il est possible de participer à un tirage au sort. J'y gagne une bouteille Camelbag et une paire de chaussettes. Si j'allais chausser des bottes de 7 lieues ce week-end, on ne m'appelle pas pour autant « Berthe aux grands pieds », de taille 42-44, ces chaussettes ont fait un heureux !

Samedi : Marathon des templiers, 18km, templière, trophée Vanoni et semi-raid de la diagonale des fous,

Réveil musculaire...

Il est 8h. Discrètement je me glisse dans mes vêtements, enfilant mon camel déjà équipé pour la course du lendemain. Patrick et Guillaume sont rentrés aux alentours de minuit. Ils ont tous les deux terminés le EUT malgré quelques pépins sans gravité mais un peu gênants : Échauffements pour le premier et inflammation au genou pour le deuxième.

Je pars pour mon dernier footing. Il fait frais au dehors. Le brouillard donne à cette matinée une belle ambiance automnale. Un chasseur dont le fusil est cassé scrute l'horizon. On entend ses chiens aboyer en contrebas. La ligne de l'horizon est brisée par une végétation rase et clairsemée. Le plateau karstique sur lequel est installé Revens, a été modelé par des siècles d'agropastoralisme. J'aime ce charme bien particulier. Que la France est belle ! Et vive le trail !


Photo : Guillaume Moreau

De retour au mobile-home les gars ont disparu. Ils sont partis se doucher. J'ai dû les réveiller... Je les rejoins vite. Une petite toilette, petit dèj' entre copains et bavardages.. Et c'est avec une certaine impatience que je rejoins le salon du trail ! Le soleil a percé l'épaisseur des nuages. De belles couleurs flamboyantes se reflètent dans le miroir qu'est devenu le revêtement de la route qui rejoint la vallée. Revens est placé sur un promontoire.

Au salon du trail,

L'entrée du village de Nant est bloquée par des barrières où des bénévoles organisent le parking. Le salon est situé à l'opposé de notre lieu d'arrivée ce qui nous permet de visiter le village. Le patrimoine architectural a fait l’objet d’attentions particulières : les ruelles étroites abritent de petites boutiques traditionnelles. J'ai du mal à contenir ma curiosité. De mes mains je caresse furtivement cette superbe porte en bois ou ce mur tortueux qui a été témoin d'une si riche histoire ! Au Xe siècle les moines bénédictins ont asséché le marécage et créé un réseau de canaux. Nants avait été appelé le « jardin de l'Aveyron » car à l'époque cette irrigation a permis la plantation de vergers et de vignes. Certains se souviendront de ces canaux qui serpentent le village : je pense à un photographe qui a fait les frais de son inattention au départ de la grande course !...

Les bretons ne passent jamais inaperçus. Guillaume, Patrick ou Alain rencontrent des amis. Ca papote bon train. Nous finissons par arriver sous les chapiteaux. Notre groupe éclate. Je file à la rencontre de Philippe. Je sais que je n'aurai pas de mal à le retrouver... Je bouillonne intérieurement. Je discute un peu avec Mireille et ses amis rencontrés au trail de « Courir pour des pommes » de Génilac pendant que Philippe discute avec David Laget. Ce dernier tient un stand d'équipement pour le trail. Après quelques mots échangés, Philippe exige que je quitte cette ambiance et encourage David à en faire de même malgré ses obligations. Il ne faut pas griller ses cartouches inutilement. Un p'tit coucou à Pascal et Magali du Grand Brassac et aux bretons du Glazig et nous remontons sur notre rocher pour déjeuner.

Pause déjeuner et sieste,

Après le déjeuner je dois réaliser une dernière séance de sophrologie recommandée par Cédric Lagrange. Je crois que toute cette excitation m'a épuisé. Je devrai m'y reprendre à 2 fois pour terminer la séance !!! J'arrive à l'état sophronique et le dépasse dans la foulée basculant de la veille au sommeil sans transition.. Je m'endors ! Je devais me projeter sur le lendemain de course et avoir un regard détaché et positif sur la course et bien ce sera pour une autre occasion ! Pour le moins je suis bien détendue et ce petit aparté m'a fait le plus grand bien !

Ambiance compétition,

Il est 15h30. Le marathon passe à 500m du camping ! Les premiers sont annoncés. Nous filons prendre l'air et participer à la fête. Tant pis pour la reconnaissance du parcours. Nous verrons passer les premiers et j'attends le passage de Nicolas situé dans le groupe de tête avant de rejoindre Cantobre. Dans un lacet de la route se trouve un pont. Le sentier emprunté par les coureurs passe en dessous et remonte au niveau de la route avant de se redresser pour enjamber le Roc nantais qui déverse ensuite les coureurs sur Nant. Les spectateurs sont nombreux et pas avares d'encouragements : Une bien belle fête !

Quelques longues minutes plus tard nous reprenons la voiture. Nous assistons aux arrivées simultanées de la templière, du 18km et du marathon, un peu en contrebas du village. Stéphane Madec et les amis de Courir à l'infini sont présents. Ils ont couru l'endurance trail et s'engagent le lendemain sur la grande course des templiers. Ils termineront tout cela dans la plus grande discrétion... ! Voilà le genre d'exploits que les médias ne devraient pas oublier de citer... Combien de personnes d'exception restent dans l'ombre. Tout est histoire de modes, de mouvances, de … enfin bref : Ne sommes-nous pas tous uniques et par là tous un peu exceptionnels ! La richesse est en chacun d'entre nous et dans les propriétés qui naissent de nos associations !

Nicolas sera victime d'un souci de hanche (en fait il fait semblant histoire de racourcir l'épreuve Clin d'oeil). Je ne le reverrai pas. Philippe termine les 18km de sa course aux cotés du médecin de l'équipe de France. Mireille part les rejoindre dans la foulée, à leur passage devant nous. . Je rejoins Alain, Patrick et Guillaume. Nous décidons de rentrer. Éclats de rires lorsqu'à la croisée d'une rue Philippe me commande de vite rentrer me reposer. Il est déjà 18h30 et le réveil, malgré le changement d'horaire sera très matinal donc...

Au diner j'apprends que Julien Rancon a battu son record personnel arrivant premier au trophée Vanoni et que leur équipe finit 2e (Course de montagne. Résultats sur: http://www.gscsimorbegno.org/) . Sur l'île de la Réunion si notre Gérard Gauthier « national » est victime d'un souci qui l'empêche de boucler la Diagonale des fous, Gérard Racinne, notre rennais insatiable qui a couru le semi-raid « en marron » faute de dossard, termine avec le 9e et 2e V1 en 11h38 !!! Une victoire au goût amer mais qui ne l'arrêtera pas, soyez-en certains !

Aller, je mets des boules Quiès, m'allonge sur la banquette et sombre finalement très vite dans le sommeil. Je m'offre alors 6 heures d'un bon sommeil.

Dimanche : la grande course des templiers,

Arrivée au village, ambiance...

Il est 3h du matin. L'appétit n'est pas vraiment là mais ce n'est pas franchement lié au stress. J'avale la charge de glucides calculée pour deux bonnes heures d'attente avant le départ. J'ai glissé une barre de fruits secs à consommer dans l'heure qui précède le départ. Dans la précipitation j'ai oublié ma boisson d'attente... Je suis surprise de la manière dont je vis ce manquement. C'est avec un réel détachement que j'ignore ce grain de sable...

Je m'attendais à trouver un monde fou dans le village. Finalement je trouve la petite place plutôt dégagée. Il faut dire que nous avons une bonne heure d'avance sur l'heure du départ de la course. Ma pipette fuit.. Il n'y a pas grand chose à faire me semble-t il. Je m'approche de l'arche marquant la ligne de départ. Je bénéficie d'un dossard qui m'offre un placement préférentiel à l'avant de la colonne de coureurs, tout près du départ.


Photo : Alain Abjean (ici)

Sans réveil musculaire, les aiguilles de l'horloge ralentissent soudain leur ronde... Le temps semble faire une pause pendant que l'on assiste aux interviews des favoris puis au discours de Gilles Bertrand, organisateur du week-end des templiers et du marathon des burons . Je suis derrière Maud Giraud et David Pasquio. Ça me fait du bien d'échanger quelques mots.

Un départ rapide...

Soudain la musique d'Era s'élève, le décompte du temps et …. Je ne sais pas qui de mes jambes ou de mon cœur précède l'autre. Je suis déjà emportée dans cet élan magique porté par plus de 2880 coureurs. Un coup d'œil sur ma montre : 16,5 km/h ! Je lève progressivement le pied. Maud et les favorites doivent être loin devant. Je cours quelques mètres aux cotés d'Aurélia Truel qui disparaît à son tour à mesure que je trouve ma vitesse de croisière. A quoi cela sert-il de partir si vite ? Mes quelques connaissances en physiologie m'amènent à privilégier l'économie du carburant face à une bonne place en tête de peloton.

La traversée de Nant est rapide. Je n'y vois pas plus que les spectateurs doivent nous reconnaître face à la puissance de centaines de frontales. Je n'entends rien, je ne vois rien dans ce brouhaha de piétinements et de cris. De toute façon je n'attends rien. J'ai un vrai souci de camel. J'arrive à le retirer tout en courant et à resserrer le bouchon mais il me posera problème tout le long de la course... Je me recentre sur moi tentant de calmer l'excitation soudaine d'un départ explosif et d'effacer l'inquiétude générée par ce petit souci (là encore je me surprends de ma prise de distance).

En route vers Sauclières,

La route monte doucement. Bientôt nous nous engageons sur un chemin. Deux coureurs parlent de Karine Herry qui serait derrière moi. Je doute toujours un peu : j'y croirai quand je la verrai. De toute façon j'ai décidé de faire la course « en footing » puisque la vitesse moyenne des meilleures nanas l'an passé était inférieure à 10 km/h. Cette vitesse sera pour moi une allure de confort même avec le dénivelé. Ce confort deviendra tout relatif avec la distance puisque c'est la première fois que je dépasse 55km de course mais j'aurai le temps de gérer cela plus tard, quand le jour sera levé.

Le sentier s'avère très roulant jusqu'à Sauclières (15ième km) . Vers le 7e km me voici aux cotés de Karine ! Super ! Je la salue et lui glisse que je vais tenter de la suivre. Je pensais courir à une moyenne de 11km/h jusqu'au sommet du St Guiral. Nous sommes un peu en dessous mais je me sens si bien que je me laisse porter. Ils sont bien aises ceux qui reconnaissent l'ancienne voie ferrée s'ils ne sont pas allés reconnaitre le terrain. Avant de plonger sur Sauclières le parcours devient plat voire ne faux plat descendant : je suis en roue libre. Soudain des éclats de voix : c'est Cathy Dubois qui nous doublent. Je suis toujours aux cotés de Karine. Il fait toujours nuit. Sur le coup, malgré ma maigre expérience, je me dis qu'elle risque de payer cher son excitation... Je la doublerai quelque part en descente sur les pentes du St Guiral. La descente j'adore et je sais que je n'y brule aucune cartouche !

J'arrive à Sauclières. Le crépuscule est timide. Je fais mon premier arrêt, 1h28 après le départ : un sachet de GO2 HydraMax pour recharger mon camel et c'est reparti. C'est avec calme que j'ouvre mon sac et j'en suis très efficace ! Grâce à mon dossard on m'acclame par mon prénom. Ça c'est sympa ! C'est un super remontant, c'est vraiment chaleureux !!!

L'ascension du mont St Guiral et la descente sur Dourbies,

Le soleil est plus rapide que moi dans l'ascension du St Guiral. Les ombres portées rendent l'horizon magnifique. Les collines d'abord, les forêts ensuite, puis les blocs sur lesquels nous posons les pieds, prennent toute leur importance à mes yeux. Le sommet est dans le brouillard. Le vent forci à mesure qu'on s'élève. On me dit 10e. J'ai quitté Karine depuis Sauclières. Bientôt le sentier débouche sur la lande clairsemée de blocs de calcaires parfois recouverts par les buis et les genévriers : Attention aux orteils ! Je gagne 2 places en haut de la montée dépassant Caroline Xsay dont j'ai fait l'agréable connaissance à l'Aubrac lors d'un déplacement organisé par Bran Héry manager du team GO2 store,bien connu de tous et alors présent sur la Diagonale des fous qu'il réussi à boucler dignement. L'ascension du sommet se fait par étapes. 2 ou 3 bosses suivies de belles descentes sur de larges sentiers me permettent de doubler bon nombre de coureurs qui, parfois, me reprendront du terrain en montée (faut que je travaille cet aspect !) Bientôt je rejoins Nicole Volard-Gilet et Anne Valero (qui devra abandonner pour cause de blessure) Une descente un peu plus raide me permet de déposer Cathy Dubois. Me voici en 6e position ! La descente du St Guiral ne me pose aucun souci. Je m'attendais à bien pire.


Photo : Guillaume Moreau,

A Dourbies je grimpe les quelques marches d'escaliers menant au ravitaillement en trottinant. L'enthousiasme des spectateurs me motive. Je recharge à nouveau mon camel : Patrick et Guillaume m'ont apporté mon jus de raisin. J'y ajoute un sachet de GO2 CarboMax. Une petite tape dans la main d'un bénévole qui m'a aidé à recharger mon camel. J'aime ces moments de partage ! Il me dit que la sainte Vierge située en haut du Suquet veillera sur moi !

Je sors du village. Philippe est là ! Son visage s'illumine, probablement tout autant que le mien. Il est trop heureux de me rappeler ma position dans le peloton de tête des féminines. Une petite tape amicale que je ne vous détaillerai pas Clin d'oeil et je saute sur le sentier qui me porte vers la crête du Suquet. Nous sommes au 39e km, la mi-course. Je cours depuis 3h47. Malgré son enthousiasme je souhaite garder les pieds sur terre... « Qué va piano, va sano (mais pas trop lantano tout de même ! Tire la langue

De Dourbies à Trèves,

L'ascension du Suquet est assez raide. Je n'y perds pas trop de temps car je suis bien. C'est sur la crête du Suquet que je rejoins Aurélia Truel. Je l'avais rencontrée au marathon de l'Aubrac où elle est arrivée première. Il me semble être mieux qu'elle : Secrètement cela me rassure. Nous bavardons un peu. Elle n'a jamais participé aux templiers non plus. Nous faisons un bout de chemin ensemble choisissant alors de conserver nos forces pour courir plutôt que pour bavarder. La descente sur Trêves est assez raide, parfois glissante. Devant moi Aurélia chute. Je tente maladroitement de l'aider à se relever mais elle refuse. Je file... Après une longue série de lacets en pleine forêt, nous retrouvons la route qui, nous emmène à Trêves : J'aperçois le pont et le chapiteau blanc dressé pour l'occasion. Avant-dernier ravitaillement : ce sera un sachet de GO2 HydraMax pour le camel et un verre de coca et un morceau de banane par ailleurs. Le village est superbe mais je n'ai pas le temps de m'attarder à la contemplation... Il y a toujours autant de spectateurs, tous plus enthousiastes les uns que les autres !

De Trèves à Cantobre en passant par le Causse-Bégeon,


Je m'engage sur le chemin qui monte d'abord en pente douce sur le Causse. Un ami de Maud me dit qu'elle est en tête et semble en pleine forme. J'en étais sûre ! J'en suis ravie ! Cela ne m'empêche pas d'appréhender un peu le parcours sur le causse. A cet endroit les descentes sont trop courtes pour m'aider à récupérer. Il faut relancer et je crains de ne pas avoir assez de kilomètres dans les jambes. Je n'ai jamais couru plus de 55km. J'ai 4 courses de plus de 50 km à mon actif : la Chevreuse en 2008, Guerlédan en 2007 et 2008 et ma dernière épreuve longue : la 6000D en juillet 2008 ! Ensuite je me suis blessée... J'emboite le pas de coureurs et me cale sur leur foulée pendant quelques kilomètres. Le paysage est superbe. Le regard peut balayer l'horizon. Au loin on devine le roc nantais et la vallée où Nants, encore invisible, doit siéger.


Photo : YMQuemener

Arrive une belle descente assez technique. Elle nous conduit à un raidillon qui remonte au dessus de St Sulpice. Mon voisin pensait que nous filions en descente sur Cantobre. C'était sans compter sur ce fameux coups de cul. C'est la première fois qu'une montée me gène vraiment ce pourquoi je relativise assez vite blaguant joyeusement. Il fallait bien qu'à un moment les organisateurs nous taquinent un peu ! La descente sur Cantobre est, effectivement, assez casse-pattes. Il est impossible de dérouler. Il faut sauter des dalles de calcaire, s'accrocher à quelques buissons, virer sec à droite et puis à gauche, éviter une racine, … Bref un beau p'tit terrain de jeux qui, avec la fatigue, nous fait prendre quelques risques pour qui veut ne pas trop entamer sa vitesse de croisière.

J'arrive à Cantobre. Je n'ai plus de recharge de poudre GO2. Je vais recharger avec la boisson énergétique de l'épreuve. L'excès de zèle d'un bénévole me fait oublier mon dernier gel sur la table... C'est en bavardant avec Patrick et Guillaume qui m'escortent jusqu'au sentier qui remonte sur le roc nantais que je m'en aperçois. Ils veulent que je fasse demi-tour... Il n'en est pas question ! Je ferai sans.. mais c'était sans compter sur un camel mal rempli d'une solution sucrée trop diluée... , Je ne me cherche pas d'excuses...

Ascension du Roc nantais et arrivée à Nant,

A mi-distance du sommet Karine Herry me double. Je revois le film se dérouler sous mes yeux. Elle avance plus vite que moi. Je suis comme scotchée au sol sur un sentier pourtant bien tracé et sans aspérités. Elle disparaît derrière les arbres..... Il me faut quelques longues minutes pour retrouver mes jambes. Voyons le coté positif : elles répondent « présent » pour la descente. Je bondis entre les blocs, j'accroche avec agilité les cordes qui m'assurent en cas de dérapage, ne craignant pas de les serrer fort grâce à mes gants en cuir. Bientôt un chemin de galets encadré d'un muret dont Patrick m'avait parlé m'annonce l'arrivée. Je reconnais le passage où j'attendais les coureurs la veille. J'ai les guiboles en compote. Un autre coup de mou : le carburant manque. Je suis sur la réserve... Il faut pourtant garder la tête haute : il y a du monde dans le village et je n'aime pas faire la tête à l'arrivée d'une course. Les spectateurs viennent aussi pour le spectacle donc il n'est pas question de faire la tête ! Je serre les dents un instant puis la force revient... Je passe sur le pont, je vire à droite dans l'ombre d 'une ruelle qui se termine par un petit coups de cul. Tout va très vite mais je repasse ce film en boucle dans ma tête depuis maintenant 8 jours ! On ne prend pas assez conscience de ces instants qui passent toujours trop vite !


Photo : Bruno Tomozick

Ça y est, la ligne arrive est devant moi, c'est énorme ! Je balaie l'arrivée du regard. J'avais promis à Philippe une arrivée en fanfare ! Je l'aperçois.


Je me rappelle fermer les yeux pour réaliser le premier saut puis, comme mes jambes sont finalement assez légères, en voici 1 autre puis 2 et puis le speaker qui me dit de faire attention aux crampes alors forcément j'en rajoute un 3ième ! C'est trop bon. Je m'allonge au sol. Je lève les pouces pour rassurer les spectateurs. J'avais juste besoin de me détendre et fermer les yeux. J'avais besoin de respirer fort et de m'imprégner de l'instant, de toute cette ambiance... J'ai le derrière trempé de mélange sucré qui n'a cessé de dégouliner de mon sac depuis le départ. Un dispositif bricolé que je ne réutiliserai plus ! Quelle soupe dans mon sac depuis que l'eau a détrempé un des sachets de sucré ! C'est pas très joli pour grimper sur le podium mais bon... Je suis sur un ENORME nuage de légèreté et de joie !


Je termine donc 6ième féminine à 4' derrière Karine Herry qui a gagné 9 fois les templiers. Outre Karine, devant moi que de championnes : Maud Giraud sacrée championne de France de trails après avoir réalisé une superbe saison, Laurence Klein (
ex- vice-championne du monde et d'Europe des 100km et cette année championne de France de marathon), Isabelle Jaussaud (ex internationale de course en montagne reconvertie au trail depuis 2008) ou encore Corinne Raux (ex-championne du monde de duathlon et championne de France de marathon). Je suis 64ème en 8h03 sur ce magnifique parcours ! C'est une course magique et somptueuse qui trouve sa richesse dans un milieu naturel riche et préservé et dans la multitude des coureurs, des familles, des amis, des sentiments, des ....... Au fait, l'aligot était savoureux Rire tout comme ces rencontres amicales ! Une autre pensée toute particulière à Yannick Cornanguer et Jean-Jacques Guillou du Challenge de la Solidarité que j'ai eu grand plaisir à croiser sur le parcours et rencontrer plus longuement ensuite

Pour quelques photos : voir la galerie picasa de Alain Abjean ici, la galerie de Guillaume Moreau ici, et une vidéo du JT ici ! Enfin un billet super bien fait et complété de belles vidéo ici.
Ne manquez pas non plus le billet de Thierry Breuil : on y apprend tout plein de choses !


Remerciements,

Toutes mes félicitations aux vainqueurs, à Thierry qui, après lecture de son billet, semble avoir parfaitement bien géré son we et à Maud qui réalise une belle performance ! Le team GO2 store a sacrément assuré ce week-end ! (voir le détail sur le site web, billet rédigé par Bran dans le menu "news")  Hé, une alimentation haute performance bien utilisée voilà ce que ça donne !Félicitation à toutes et tous pour l'audace de participer aux Templiers !

Toute ma reconnaissance envers les organisateurs qui nous permettent de vivre notre passion en toute sécurité, envers les bénévoles prêts à veiller sur nous et à nous adresser le moindre petit mot gentil pour nous détendre (attention aux excès de zèle tout de même...) et enfin envers mes sponsors, Hervé de Running Conseil chez lequel j'ai pu avoir rapidement le matos dont j'avais besoin à la dernière minute et Bran de GO2 qui n'a pas oublié d'encourager le team avant son départ à la Réunion, joignant à son mail quelques précieux conseils d'alimentation.

Un grand Merci à tous, amis ou collègues, aux bretons qui m'ont chouchoutée de près comme de loin (n'est-ce pas Alain, n'est-ce pas Cédric ?Clin d'oeil), aux habitués du trail ou non. Toutes mes pensées vers ma famille qui ne comprend pas grand chose à mes motivations et qui doit se satisfaire de m'entre-apercevoir entre deux week-end de trail...

Enfin je ne saurai jamais remercier Philippe Propage d'avoir cru en moi dès notre rencontre en avril dernier, de m'avoir demandé de m'inscrire sur les templiers malgré mon passif ! Aujourd'hui je lui dédie ma victoire personnelle ! « Mieux vaut une séance de moins qu'une séance de trop » : je ne l'ai pas inscrite sur le plafond au dessus de mon lit mais ... Avec ménagement nous avons su atteindre et même dépasser notre objectif !

Aller... On remet ça ?! Chaud

(et oui, il y a aura une bien belle suite à cette histoire.. voir le prochain billet !)


De gauche à droite : Alain Abjean, Patrick Lucas, ma pomme et Guillaume Moreau, une équipée efficace et bien agréable ma foi !

Sans oublier...La vidéo bien sûr !

 
La grande Course des Templiers 2009
par arnaudvo2
 
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