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August 30 "Go go go !..." m'a dit Marie : J'suis désormais gonflée à bloc après ce superbe trail de PlougastelLe problème du balisage sapé par des "ptits rigolo" est vite oublié face aux superbes photos mises en ligne par les organisateurs du trail de Plougastel : voir ici ! Encore un grand merci à eux !... **** Quel plaisir que de courir un beau trail breton à deux pas de chez soi !Un peu d'organisation pour préparer les bagages de ma kawette (j'en profite encore un peu avant que la pluie m'oblige à remiser ma moto au garage) : matériel de course, les indispensables pour la douche improvisée, le rechange et mon jus de carotte bio post-trail Comme je retrouve les copains, Romu qui a quitté sa planche de surf, Vivien et son "double" Stéphane qui jouera les cameramen mais aussi Patrik Lucas qui était à "La Pire est née" avec moi cet été, et tous ceux que je nomment pas... L'échauffement est un peu écourté. Bon je trouve 15' pour dégripper mes genoux (Se faire plaisir en trail demande de se connaître un peu !) et 14h30 annonce le début de la course. Les organisateurs nous font patienter un peu et... C'est parti ! Les 5 premiers km sont très roulants ce qui me fait partir un peu vite. Ça tombe bien puisque je veux me tester . Mes axes de travail sur ce trail :
Entre le 5e et le 10e km on rencontre 2 petits "coups de culs" séparés d'un long passage en dévers et quelques passages scabreux en forêt où ils faut sauter par dessus ou passer par dessous des branchages dans un paysage de végétation dense. C'est sympa de jouer un peu ! Entre couvert végétal dense et parcours aérien avec vue sur la rade, je me régale ! Au 10e km un point de ravitaillement en eau me permet d'économiser l'eau de mon camel : Merci ! Des bénévoles tout sourire nous tendent les bouteilles d'eau. Un salut et hop, c'est reparti : Ça descend. C'est plutôt sympa pour se relancer ! ![]() ![]() August 27 Après le semi Dol-Combourg le trail de Plougastel ... De retour en terres bretonnes il faut achever de rêver, faire un petit bilan du chemin parcouru et redéfinir les objectifs ! Je ne parlerai que de trail bien sûr ! Un mois à crapahuter ce n'est pas un mois à courir et pourtant... J'ai bossé l'endurance et ça se voit : ma fréquence cardiaque de repos a encore baissé ! Il me restait à faire le point sur ma forme physique en participant à une compétition. J'ai d'abord voulu faire un 10km route avant le trail de Plougastel. La mode étant aux courses nature, la course du pardon est devint une... J'ai profité d'une opportunité d'hébergement sur Rennes pour m'inscrire sur le semi Dol-Combourg. Il est 20h, la décision est prise, demain je cours un semi ! J'enfourche ma moto pour filer sur Rennes et ne pas trop rouler de nuit. Aborder un semi-marathon sans préparation spécifique, Je n'ai couru que 2 semi dans ma petite "carrière" de course à pied. J'avais fait 1h39' sur le Saint Pol-Morlaix en 2007 à l'issue d'une grosse saison de trails et on m'avait dit que j'étais capable de mieux. Pour ma part n'ayant pas chômé je me disais qu'on devait se tromper sur mes qualités... Il me fallait trouver une allure de course. On table sur 4'15" au km. J'enregistre la valeur sur ma suunto qui bipera ainsi à intervalles réguliers. Coté alimentation rien ne vaut un bon verre de jus de raisin et un grand verre d'eau pour l'hydratation nocturne (complétée d'ailleurs après être allée aux toilettes dans la nuit). Je remets la même chose au réveil et je me prépare un bidon de "boisson d'attente" perso (1/3 de jus de raisin-2/3 d'eau plate) J'avale une barre de fruits secs 1h avant le départ : c'est mon petit rituel ! Pour la course je prévois un gel XL (nel : on peut le refermer en cours d'usage.. Mais attention à ôter la languette de protection avant la course... Le départ de la course est donné... L'échauffement perso est complété par un tour de chauffe proposé par l'organisation. Cela fait drôle de trottiner au milieu d'autres coureurs. On arrive avec quelques minutes d'avance sur la ligne de départ. Je me place près de la ligne de départ et je me lance à ... Moins de 4' au km ! Mais comme je me sens bien je maintiens cette allure sur les 7 premiers km (5ekm en moins de 19') . Arrive le 1e ravito et là je m'ensource avec un verre d'eau : et oui les traileurs ont plus l'habitude des bidons ou des pipettes... Alors c'est décidé, tant pis mais je m'arrêterai aux ravito pour avaler l'eau correctement (je pousse le vis à poser ma bouteille plutôt qu'à la lancer ! J'aime pas cette pratique qu'ont les coureurs sur route à tout bazarder dans les fossés !...) Le bip de ma montre reste en avance sur les indications kilométriques jusqu'au 10e km que je passe en moins de 41'. Au 13ekm, à un ravitaillement je perds à nouveau de précieuses secondes. Mon bip et mes km sont maintenant simultanés. Je sais que je n'ai pas le droit de ralentir l'allure si je veux passer sous les 1h30. Entre le 13e et le 18e km j'entre dans une période difficile. J'ai tendance à m'endormir malgré le parcours que les habitués trouvent vallonné et donc difficile... Je me réveille par à coups et relance la machine. C'est surtout musculairement que je souffre. Maintenir la cadence, je ne m'y suis pas entrainée ! Est-ce la belle pelouse en cote proposée à l'entrée sur Combourg qui me remotive ? Mais voilà que je trouve un nouveau souffle. Après le 18e mes jambes sont plus solides (est-ce ma tête ???) je retrouve une foulée plus aérienne et efficace. Je termine à bon rythme me permettant mes petits sauts "à la Bourvil" lors du passage de la ligne d'arrivée aux pieds du château, ancienne résidence de Chateaubriand ! 1h31'26'', 73e/406 arrivants et 2e féminine, ce n'est pas si mal. Il parait qu'on peut enlever 4' sur ce chrono compte tenu du dénivelé. Bon je manque de pratique mais ça m'a bien plu. C'est très différent du trail mais de temps à autre ça a le mérite de nous aider à mieux nous connaitre et de décrasser le moteur ! Une semaine de bidouillage avant le trail de Plougastel (28km et ~850m D+)
Samedi le trail de Plougastel et dimanche repos bien mérité ! Ci-dessous un article du télégramme qui montre que le trail est une activité bénéfique à l'environnement et aux autres usagers de dame Nature ! Pour plus d'infos sur le trail de Plougastel : cliquer sur ce lien. Un grand merci à Philippe Propage pour la confiance qu'il a eu en moi dès le début, pour son écoute, sa disponibilité et sa devise désormais devenue mienne : "Mieux vaut une sortie de moins qu'une sortie de trop". Moralité sachez être à l'écoute de vous-même et de votre corps, il vous le rendra au centuple ! ... Et merci à vous tous amis de trail, d'entrainement et de crapahu, famille, médecins ou kiné... Après une année difficile où ma patience a été mise à rude épreuve je crois que la sortie du tunnel est là !August 25 Ma "Pire est Née" 2009
Le 20 juillet sonne le lancement de « La pire est née ». 5 jours au sud de Bagnère de Luchon s’enchainent à un rythme
soutenu. Au programme grimpe, trek ou trail avec des dénivelés variables et
ajustables. Arrivée sur le parking des Granges d’Astau le lundi 20 juillet au petit matin, je vide les sacoches de ma moto. Elles contiennent le matériel nécessaire à un mois de crapahus entre les Pyrénées et les Alpes en passant par le Massif Central. Manipulations faites dans la précipitation et je me charge démesurément…
Le GR est interrompu par un éboulement. Contournement par un chemin plus court mais… Droit dans la pente ! Forcément mon chargement ne me rend pas la chose facile. Au fil du dénivelé mes genoux souffrent. C’est à la descente que cela devient délicat puisqu’il faut forcément faire un choix entre accepter la douleur ou tenter un appui risqué … Massage aux anti-inflammatoires dès le premier soir ! Cela ne me rassure pas mais le gros atout de la formule « by GIPS Aventure » est de permettre à chacun de réajuster ses ambitions chaque jour, de pouvoir intégrer un groupe ! Anecdote du jour : la plus petite du groupe porte le sac le plus lourd... Ci-dessous la photo de la vue sur la porte des WC à Maupas... J2 : Virée trail autour du refuge de Maupas, Je choisi de revoir mes ambitions premières pour cause d’inflammation dans les genoux : ils ont gonflé cette nuit ! Nous partons au petit matin faire une rando glaciaire avec crampons et piolet. L’ascension du pic de Boom est facile. Marcher sur la neige n’est pas traumatisant d’autant que nous partons léger. De retour pour déjeuner nous repartons pour un petit trail qui doit nous faire découvrir les lacs : le lac bleu, le lac Charles, le lac Célinda et le lac vert. La neige nous empêche de passer coté espagnol. C’est l’occasion d’apprendre à manipuler le GPS et la radio qui nous permet de rester en contact avec le QG du refuge. Comme les manip’ de GPS ne sont pas notre fort, cette
première journée de trail se termine en « hors-piste » ! Un œil
vigilant sur la qualité des flancs de montagnes nous évite un passage sur une
terrasse occupée par une loupe de glissement … Ouf… On remonte ici et… Oups, la
crête offre une belle vue sur le refuge mais entre lui et nous il y a le
vide ! Contournement obligatoire ! Aujourd’hui j’en sourit. Cela nous
a fait faire des efforts, du dénivelé, le tout dans la bonne humeur ! Que
de souvenirs ! Anecdote : 4 zigotos ont l'autorisation de dormir dans la pièce réservée à la gérante du refuge de Maupas. Yvette leurs a fait gouter l'after shock et ils ont donné un coup de mains pour la vaisselle ! Les gentlemen existent toujours ! J3 : Rando glaciaire fort ventée… 2 guides de montagne nous ont rejoint à Maupas. Une journée de trek en randonnée glaciaire est proposée aux uns pendant que d’autres peuvent s’adonner au franchissement de crêtes qui mènent au pic de Maupas. L’objectif est de rejoindre le refuge du Portillon : On déménage ! Le vent vient jouer les trouble-fête. Le groupe partit pour les crêtes doit faire demi-tour. Je choisis la rando glaciaire. Je suis trop chargée pour les passages scabreux et pour ménager mes rotules… A quelques longues minutes de l’arrivée le vent bouscule les derniers marcheurs. Le groupe déplore 2 blessés. C’est ainsi que j’entrevois la possibilité de participer au championnat du Canigou usant d’un dossard désormais vacant ! Anecdote : Les bourrasques de vent ressenties jusque dans la vallée ont pu atteindre 160 à 180 km/h ! J4 : Journée de trail autour du refuge du Portillon. Je ne pourrai terminer ma journée trail. Je pourrais
supporter la douleur mais j’ai peur d’hypothéquer mes trails de fin d’année.
Après l’ascension des Spijeoles je rentre avec un p’tit
groupe de trekeurs. Les crises de fou rire sont autorisées. Je me
régale tout autant même si je ne gravis pas le Gourdon ou le Seil de
la Baque. Anecdote : Il y a de la soupe aux lentilles au menu !
![]() C’est une journée de détente pour moi ! Redescendre le
« barda » dans la vallée est l’occasion d’un pique-nique au bord du
torrent qui nourri le lac d’Espingo. Une petite sieste et un bain vivifiant
sont improvisés. Une partie du groupe est allée faire le Perdiguère et/ou le
Quayrat. La soirée de clôture au restaurant des Granges d’Astau restera
dans les annales du GIPS Aventure ! Voir la carte de la 5e étape sur le site web du GIPS.
Anecdote : Jean-Claude bluffe Michel avec son nouveau soutien-gorge ! ;o) Pour conclure ce diplôme :
… Et un grand merci aux gérants des Granges d’Astau forts aimables et qui me permettent de garer ma moto pendant les quelques jours d’ascensions pyrénéennes qui suivent… ******* Les ascensions du Mont Perdu et du Pic d’Aneto, Invitée par Jacques Salaun de Yanoo.net je poursuis mon périple pyrénéen auprès d’un petit groupe de 6 bretons gonflés à bloc par les ascensions multiples, les grimpettes de cheminées à mains nues, les crapahus sur glacier et les glissades joviales… J6 : Repos… Et applaudissement pour les coureurs de la Montée du Plat d’Adet à St Lary Soulan, Le samedi suivant la Pire est Née 4 d’entre eux vont
participer à la Montée du Plat d’Adet. Je privilégie le petit déjeuner
d’Adieux aux granges d’Astau… C’est après avoir profité du copieux buffet de la
course que nous décidons de filer vers Bielsa. Dès le lendemain nous projetons
l’ascension du Mont Perdu et celle du Pic d’Aneto. J7 et J8 : Ascension du Mont Perdu, 1e étape, 1390mD+ : Le balcon de Pineta, face à l’imposant massif du Mont Perdu, Je crois que désormais mes genoux sont prêts à tout encaisser ! Nous dormirons sur le balcon. Je veux tester mon sac de
couchage « -40°c » à la belle étoile. J’ai connu de beaux orages en
dormant au refuge de Tuquerouye et, à peine endormie, quelques gouttes de
pluie, quelques rafales de vent et de beaux éclairs me poussent à me réfugier
dans une de nos tentes… J’aurais pu rester dehors ! lol Anecdote : Gérard est chargé comme une mule... Il apporte de quoi fêter dignement son anniversaire là-haut mais ne fait pas l'effort de transvaser le contenu de la bouteille en verre dans une autre en plastique !... Ce même soir Ramond veille sur nous ! (ne comprendront que les intimes ;o) 2e étape, 800mD+ et 2200mD- : Ascension du Mont Perdu (Alt.3355m) et retour à Bielsa. Nous cramponnons pour traverser les différents névés et glaciers. L’ascension de pierriers ou les descentes rapides en glisse sur névé ou sur bloc de pierres ne nous effraient plus. La bascule sur l’autre flanc de la montagne nous laisse entrevoir de somptueux horizons ! La chaleur s’ajoute à la monotonie d’une redescente dans la vallée. Après l’excitation d’une ascension cela semble long mais ce n’est rien face à la surprise de trouver à la sortie du tunnel de Bielsa la bruine et la fraicheur de la vallée coté français ! Anecdote : Chantal a perdu son panaché !... Qu'est-ce qu'on a bien ri ! Pour voir le trajet approximatif : cliquer sur ce lien ! J9 et J10 : Ascension du Pic d’Aneto, 1e étape, 1400 D+ : Ascension vers le refuge de la Rencluse, Les véhicules sont garés à l’Hospice de France (Alt. 1385m). Nous sommes face à un cirque superbe et particulièrement vertical. Plus rien nous effraie mais je commence à accuser la fatigue. J’aurais presque déclaré forfait mais, tout de même, on ne refuse pas une ascension DU Sommet des Pyrénées ! L’accès au refuge de la Rencluse (2140m) se fait en 2 étapes. La 2ième
étape n’était pas prévue mentalement. Cela fait drôle d’entrapercevoir le
refuge sur le flanc de montagne situé de l'autre coté de la vallée qui se dévoile à nous après avoir déjà avalé plus
de 1000m D+ ! … Mais avec un brin de volonté tout se fait ! Il faut
dire que cette fois on ne porte pas de tente donc, légers, nous volons presque jusqu'à la rencluse. Hummm…. Oui j'ai trainer les pieds sur les derniers mêtres... Finalement 5 joyeux lurons viennent animer ce refuge
espagnol ! Comme toujours dès que les sacs sont au sol tous les efforts
et toutes les douleurs sont oubliés ! … Anecdote : Nous grimpons sur les mules du refuge, un peu grisés par quelques bières avalées trop rapidement après la fin de l'effort 2e étape, 2100m D+ et 2700m D- : Ascension du pic d’Aneto et retour l’Hospice de France, Au petit matin, allégés de nos tentes l’ascension en devient presque trop facile : Nous sommes au sommet en moins de 4h malgré les hésitations quant au chemin à emprunter, à la dangerosité des crevasses du glacier...(les guides nous avaient annoncé 5 à 7h !) Après une bonne heure passée au sommet, parfois dissimulés derrière l’abri de blocs de pierre, à prendre des photos, grignoter ou que sais-je encore… Nous redescendons. Une pause déjeuner s’impose à la rencluse puis, après le passage du Port de Vénasque, quelques 10h d'efforts dans les guiboles et le sac vissé sur le dos, nous terminons les 6 derniers km en courant comme des fous jusqu’à l’Hospice de France. Anecdote : Partis à 7h du mat' soit près d'1h30 après sur les premiers alpinistes nous doublons 54 personnes avant de toucher le sommet ! les 2 derniers hésitaient à traverser le pas de Mahomet mais notre allant les a motivés ! ici une vidéo un peu longuette du passage plutôt vertigineux du Pas de Mahomet (heureusement qu'il y a de la musique ! lol) mais nous avons été plus rapide. Nous avions de l'expérience Pour voir le trajet approximatif : cliquer sur ce lien ! ******* Si 3 d’entre nous doivent rentrer en Bretagne pour reprendre le boulot je tente de récupérer le dossard de Gemma....Il est vendredi : je téléphone à M. Capella, organisateur du championnat du Canigou. Rendez-vous est pris à 15h sur la place de Vernet-les-bains, à l’occasion de la remise des dossards. Très gentiment je me vois offrir le dossard en l’échange d’une bise sur le podium… Sans vraiment pouvoir anticiper de mon état de fraicheur et surtout de la solidité de mes genoux j’accepte joyeusement ! August 16 4810,90m + la hauteur de la miss...****** Lieu de départ et d’arrivée : Le Fayet (alt. 580m) Étapes : J1, Le fayet vers la gare du Nid d’Aigle (Alt.2380m) avant l’ascension jusqu’au refuge de l’Aiguille du Goûter (Alt.3817m). J2, bivouac au dessus du refuge de l’Aiguille du Goûter (Alt.3830m) vers le sommet du Mont Blanc via le Dôme du Goûter (Alt.4304m) Dénivelé positif : 1800m en train et ~ 2430m à pied. ******* Le tramway du Mont Blanc ou comment gagner quelques précieuses heures de marche et toute la fraîcheur associée, Le tramway du Mont Blanc avale le dénivelé assez rapidement, à flanc de montagne, ce qui permet de découvrir de somptueux paysages, les alpages, les croupes herbeuses qui font face au col de Voza (bien connu par ceux qui se frottent de près ou de loin à l’UTMB) puis les premiers séracs du glacier de Bionnassay. La gare du Nid d’Aigle se limite à 2 petits chalets en bois déposés un peu maladroitement aux abords d’une voie ferrée que nul attendrait à cet endroit. Chaque matin estival, dès 8 ou 9h, elle reçoit une coulée de marcheurs venus pour des ascensions familiales ou plus sportives. En fin de journée elle approvisionne le tramway qui déborde rapidement de touristes parfumés et bruyants jetant un contraste saisissant aux cotés des alpinistes poussiéreux et souvent fatigués. ****** L’ascension jusqu’au refuge du Goûter ou le passage de tous les dangers, L’ascension vers le refuge du Goûter n’est pas la portion la plus facile contrairement à ce que l’on pourrait penser. Il s’agit de gravir un pierrier de plus en plus délicat à traverser et qui se verticalise à l’approche du sommet. L’ambiance est donnée par la couleur rouille dominante des blocs de pierre que le soleil chauffe facilement et rapidement à mesure que les aiguilles font le tour de l’horloge. Nous commençons notre ascension à 10h15. Le ballet de l’hélicoptère venant assurer le ravitaillement des refuges de Tête Rousse et du Goûter nous occupe un temps. Il est courant de rencontrer des chamois qui se laissent approcher tout près. Bientôt la vue qui se dégage sur la vallée de Chamonix et sur les massifs : les Grandes Jorasses (Alt.4208m), l’Aiguille du Midi (Alt.3842m) ou encore l’Aiguille Verte (Alt.4121m) alors recouverte de la neige fraîche déposée par les 3 journées de précipitations qui ont rythmé le week-end, forment un relief saisissant ! A mon altimètre l’altitude de 3300m annonce l’arrivée au médiatique « Couloir du Goûter » appelé aussi « Couloir de la Mort » en raison des multiples chutes de pierres qui y ont lieu. Le couloir est équipé d’un câble mais il est délicat de s’y assurer si on ne prévoit pas une corde assez longue. Une longe individuelle de 2 m est insuffisante et d’ailleurs interdite, et il est conseillé de s’encorder à 2. Nous n’y serons pas retardés car les chutes sont alors assez rares à notre passage. Nous avons tout de même l’occasion de voir quelques belles balles ! Mieux vaut tendre l’oreille et s’équiper d’un casque même si Jacques suggérait l’idée de s’aplatir sur le sentier au passage d’un bloc. Facile à dire mais compte-tenu du dévers qui encadre ce sentier à flan de montagne et du poids du sac hébergeant corde, baudrier, tente … Bref je n’aurai pas eu à tester ! Après cet épisode à la « roulette russe » vient celui de la partie d’escalade. La roche est complètement brisée (mais solide et fiable !) ménageant de multiples points d’appuis pour les mains et les pieds. De nombreux passages sont équipés à la manière des via ferrata donc, si le vertige n’est pas votre souci, il n’y a aucune raison d’appréhender ce passage. Armé(e) de patience et de détermination vous accèderez au refuge sans encombre ! Il faut toutefois se méfier des pointes d’acier dépassant des câbles malmenés par le rocher et les tractions des alpinistes. Avoir quelques pansements à portée de la main peut s’avérer utile pour éviter de souiller une plaie avec les gravelles à moins que vous n’optiez pour le port de gants en cuir… Il est bientôt 15h : Nous arrivons au refuge de l’Aiguille du Goûter ! Il fait chaud malgré l’altitude et le petit vent qui vient refroidir les portions de vêtement imprégnées de sueur. La nappe de nuages vous donne une impression d’immensité inégalable. Le refuge tout recouvert de métal, les miroitements du glacier de Bionnassay ou encore le bleu du ciel vous explosent au visage ! L’ivresse est à son comble ! On s’offre un petit rafraichissement ?! A cette heure certains alpinistes s’apprêtent à redescendre dans la vallée. L’un d’entre eux était effondré dans l’escalier qui donne sur la salle des repas. Beaucoup d’entre nous venons d’arriver et gravirons le Mont Blanc dans la nuit. Certains ne sont montés que pour s’acclimater. Entrer dans le refuge c’est plonger brutalement dans l’obscurité avant que vos yeux s’acclimatent et c’est aussi accepter de se trouver bousculer par une multitude de personnes qui souvent ne parlent pas français. Les gérants sont dynamiques. J’ai beaucoup apprécié l’accueil qui nous a été fait ! Nous ne tardons pas à ressortir pour aller rejoindre l’emplacement de bivouac. Les places y sont chères même si cela est interdit. J’ai compté 34 tentes. A cette époque il y a beaucoup trop de monde pour que le refuge puisse tous nous héberger. Faute de nous empêcher de monter… Les agents ne font pas trop de vérif’. Ils seraient passer en juin. Il paraît qu’il vaut mieux ne pas être verbalisé !… En personnes respectueuses de l’environnement nous redescendrons tous nos déchets. Là haut, même s’il a neigé récemment, cette attitude semble respectée de tous ! Nous installons nos 2 tentes. Un voisin de bivouac est monté avec une pelle. Cela est bien pratique pour préparer l’emplacement. Le ballet lent et discret des nuages est à l’origine d’une partie de cache-cache improvisée entre la montagne et ceux qui la vivent. L’ensemble est mis en relief par le soleil qui glisse délicatement vers la ligne de l’horizon à mesure que la journée se consume. C’est un rêve magnifique qui se prolonge, les minutes s’écoulent lentement. Mes pas s’enfoncent dans la neige qui durci alors que mon visage commence à vouloir fuir la puissance des UV. Je ne résiste pas à vouloir m’isoler pour mieux contempler. La neige fraiche qui s’est accumulée sur la montagne forme des courbes délicieuses. J’emprunte la trace qui nous mènera au sommet du Mont Blanc. Je prends conscience de ma chance. J’en tremble encore à rédiger ces quelques lignes … Cette fois je mesure la force de cette phrase de St Exupéry qui me tient tant à cœur : « Fais de ta vie un rêve et de ce rêve une réalité » J’exulte ! De l’Ascension Finale : une aube magique pour un rêve devenu réalité !
Karine, Jacques et Yann dormiront ensemble pour se tenir chaud. Avec mon duvet des cimes (confortable jusqu’à –40°c) je dormirai seule ou plutôt en compagnie des sacs de chacun. Il est 19h30. Nous décidons de dîner. Les appétits diffèrent. J’avale goulûment mon lyophal, des biscuits et une compote avant de m’enfermer dans ma tente à 20h30. Je n’ai pas besoin de comprimé pour les maux de tête ou d’estomac. Tout se passe pour le mieux. Il parait que le mal des montagnes peut s'exprimer au fil de la nuit. Sauf cette discrète inquiétude je m’endors doucement n’ayant pas omis de prendre mes bouchons d’oreille et me dissimulant sous le rabat épais de mon sac de couchage : le soleil mais du temps à disparaitre sous les nuages à cette altitude ! Je mets mon réveil à 1h30 du matin. Je dois réveiller le petit groupe. Finalement nous ne serons plus que 3 à monter au sommet. Bien emmitouflée dans mon sac de couchage, la chaleur de mon corps vient maintenir l’eau du camelbag à l’état liquide et réchauffe mes vêtements. Ma montre est fixée à un scratch située à la hauteur de mes oreilles. Il ne faudrait pas manquer l’heure du réveil !!! Sauf un réveil nocturne dicté par ma vessie (certains auraient perdu la vie en allant se soulager la vessie la nuit : glissade sur le sol gelé…) je dors à poings fermés 4 bonnes heures avant d’entendre les premiers alpinistes s’affairer. Je n’attends donc pas que mon réveil s’anime pour m’habiller et chausser mes souliers que j’avais équipés de crampons avant le coucher. Nous avons prévu 2 barres de repas minceur hyperprotéinés pour démarrer la journée. C’est plutôt pas mal ! Nous déjeunerons au retour. Les tentes seront démontées au retour également. Il fait nuit. Les lumières de la vallée sont nombreuses. On peut suivre celle de Chamonix avec une telle précision qu’on mesure à tel point l’éclairage public est une pollution… Les étoiles brillent de tous les feux. Nous sommes le 12 août, c’est l’anniversaire de Karine et c’est aussi une nuit riche en étoiles filantes : D’autres seraient comblés pour moins que cela ! Je prends la tête de la cordée. Je marche d’un pas de métronome posant un pied à chaque seconde qui passe. A ce rythme nous dépassons une quinzaine de personnes. La nuit ne nous permet pas d’anticiper réellement même si les croupes ondulantes de la montagne sont surlignées discrètement par la lune. L’air est d’abord léger. Notre souffle régulier et le bruit des crampons s’enfonçant dans la neige rythment notre progression. Il faut gravir 500m pour passer le Dome du Goûter et encore 500m pour atteindre le sommet. Nous passons le refuge Vallot (Alt.4362m) sans vraiment le reconnaître. Nous l’apprécierons mieux lorsqu’il fera jour, en redescendant. Nous mettrons 3h45 pour y arriver. Le sentier monte parfois droit dans la pente. D’autres fois il grimpe en lacets nous permettant de cramponner latéralement ce qui soulage les articulations. A mesure que nous dépassons les cordées, le sentier est de moins en moins marqué ! Il a pas mal neigé les jours précédents. La trace est moins nette. Je parviens cependant à suivre les traces discrètes des dents des crampons de la cordée précédente qui nous précède de plusieurs minutes, des minutes qui ne nous permet pas de l’avoir à vue.
Je n’avais jamais
pris le temps d’apprécier les jeux de lumière qui accompagnent le crépuscule. C’est
chose faite. Alors que nous approchons du sommet, juste après le refuge Vallot,
un homme descend : Il ne parle pas français. Il redescend car il ne peut
plus continuer. Quel dommage ! Une dernière bosse à passer et d’autres
alpinistes, illars, apparaissent : Ils lèvent le pouce. On se serre les
mains. On est heureux comme des gosses. Ca y est, nous y sommes ! C’est
majestueux ! malgré les – 6°C qui règnent là haut, les aiguilles de
glace soulevées par le vent et portées jusqu’à nos joues sont insignifiantes ! Alors vient le
temps de la séance photo qui immortalise le moment. Karine sort un Gwen A Du
de la taille d’un drap de bain et voilà qui fait une splendide griotte sur son
gâteau d’anniversaire ! Le temps de la contemplation est vite écourté. Les
cordées s’amoncellent venant du Goûter ou du Mont Maudit. Il y bientôt trop de
monde là-haut. Par courtoisie nous prenons en photo quelques alpinistes et
vient le temps du retour… Sur Terre ! La descente est facile. A 8h je suis déjà en train de dessouder les sardines de ma tente, figées dans la glace. Nous déjeunerons au refuge avant de redescendre dans la vallée par le même chemin que la veille, la fatigue en plus. Il faut accepter le monde, les touristes, la chaleur… cela n’est finalement pas si difficile puisque je suis comme droguée par un film infiniment magique qui tourne en boucle dans mon esprit. Nous prendrons le tramway pour Le Fayet à 16H50…… Mes mots ne peuvent pas être à la hauteur de mes émotions... Puissent-ils vous donner envie de vivre ce challenge accessible à toute personne volontaire et en bonne condition physique ! Attention, cela reste une course d’alpinisme qu’il ne faut pas sous-estimer. Outre le mal des montagnes, chaque année la montagne brise la vie de quelques familles … August 08 En attendant la fenetre meteo... Hello ! Me voici chez les chamoniards depuis jeudi soir. La Pire est Née fut un régal sauf quelques grincements rotuliens apparemment nécessaires pour la suite.... J'ai retrouvé le Mont Perdu avec délice et l'Aneto dans la foulée ça donne ceci : Les guides annonçaient 5 a 7 heures d'ascension et notre petite équipe de bretons l'avons dévoré en 3h45 ! Un dossard gentiment attribué à la dernière minute suite au désistement d'une amie et je fais le Canigou beaucoup plus aisément que je l'avais pensé. On va dire que cet été je fais le plein de sensations comme voila longtemps que j'en avais vécues ! Après quelques nuits de récup' dans un lit douillet au dessus de Clermont Ferrand j'ai enfourche ma kawette pour joindre Cham'. La cerise m'attend au sommet d'un gros gros gâteau haut de 4810m et des broutilles |
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